L’émancipation des Premières nations du Canada
Une volonté de justice et d'égalité était un élément clé de la carrière de John Diefenbaker. Ce dernier était fermement convaincu que tous les citoyens pouvaient prétendre à certains droits essentiels en dépit de leurs différences culturelles et que les Premières nations ne faisaient pas exception à la règle. Durant toute sa carrière politique, il essaya de corriger certains aspects des injustices passées, et son gouvernement prit des mesures pour que les relations entre le Gouvernement fédéral et les Premières nations soient harmonieuses.
Le principal accomplissement du gouvernement Diefenbaker dans les affaires autochtones fut l'extension de l'émancipation (ou droit de vote) en 1960. Auparavant, les membres des Premières nations, considérés comme des «pupilles» de la nation, n'avaient pas le droit de voter dans les élections fédérales. Après les deux Guerres mondiales, les anciens combattants étaient émancipés, mais seulement s'ils renonçaient à leur statut d'Indiens, ce que seulement 250 acceptèrent de faire. Diefenbaker était très favorable à ce qu'on octroie le droit de vote à toutes les Premières nations, comme l'était aussi son gouvernement, appuyé tout particulièrement en cela par James Gladstone, premier sénateur autochtone. Diefenbaker s'était déjà beaucoup investi dans le processus quand il devint Premier ministre du Canada. En conséquence, en 1960, son gouvernement amenda l'article de la Loi sur les Indiens qui refusait le droit de vote aux Premières nations.
Certains membres des Premières nations avaient toutefois une vision négative de l'émancipation. Nombreux furent les leaders et les chefs à écrire au gouvernement de Diefenbaker, objectant que les Premières nations n'avaient pas été consultées quant aux changements et qu'elles ne les sanctionnaient pas. Ils craignaient qu'en votant, ils renonceraient à leur statut distinct et seraient assimilés. Le droit de suffrage les amènerait-il notamment à perdre leurs terres de réserve, garanties par la Couronne? En réponse à ces préoccupations, le gouvernement Diefenbaker assura aux Premières nations que le droit de suffrage était en fait un avantage supplémentaire du fait de vivre au Canada; rien ne leur serait retiré. C'était à eux de décider s'ils voulaient voter ou non, et quelle que soit leur décision, aucun de leur droit ne serait modifié ou abrogé. Cette caractérisation des droits des autochtones sera ultérieurement résumée dans l'expression anglaise Citizen Plus.
Une fois que le droit de suffrage leur fut octroyé, les peuples des Premières nations purent exercer leur droit de vote pour la première fois lors de l'élection fédérale de 1962. En dépit des inquiétudes exprimées par certains leaders, ils furent plus nombreux à voter qu'on ne l'avait prévu. Cette première mesure prise par le gouvernement Diefenbaker sera suivie de nombreuses autres qui tenteront de rectifier la marginalisation politique des peuples autochtones dans l'histoire du Canada.











