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Après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, la protection des droits de la personne au Canada ainsi qu’à l’étranger fait l’objet d’un intérêt très marqué de la part des Canadiens.

Alors que l’internement, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, des Japonais canadiens fait la manchette des journaux canadiens, un débat public sur les droits de la personne dans la société canadienne devient pressant. De plus, en élaborant la Charte des Nations Unies après la guerre, une alliance de pays avait exprimé son engagement envers la défense des droits de la personne. Le Canada, pays qui soulignait l’importance des Nations Unies,  ne pouvait faire abstraction des questions de libertés civiles au pays.

John Diefenbaker, dont la réputation repose sur son engagement envers les libertés civiles, s’est engagé depuis longtemps à élaborer une Déclaration canadienne des droits.  Pendant le parlement minoritaire de 1957-58, des mesures politiques plus importantes prennent le pas sur l’élaboration de lois sur les droits de la personne. Mais une fois que son gouvernement retrouve une majorité écrasante, Diefenbaker remet la question à l’ordre du jour.

L’intérêt que Diefenbaker porte à la question des droits de la personne est véritable. Son point de vue sur les droits politiques et civiques universels se manifeste déjà dans les documents portant sur ses premières années en politique fédérale, dans les années 1940. La promotion du  multiculturalisme est aussi un sujet qui lui tient particulièrement à cœur. Il « peut parler d’origines raciales mixtes » et sait « ce que cela a représenté, dans le passé, pour certains dont les noms n'étaient ni d'origine britannique, ni d'origine française, de n'être pas considérés comme autant canadiens que les Canadiens d'origine britannique ou d'origine française. » C’est un sujet qui convient à son individualisme marqué, à sa compassion pour ceux que l’on n’entend pas et à ses talents oratoires.

Au cours des deux années qui s’écoulent entre la présentation du projet de loi par le Premier ministre en 1958 et son adoption par la Chambre des communes en 1960, le gouvernement invite des spécialistes et des profanes à s’exprimer sur la nature et le contenu du projet de loi, ce qu’ils feront à foison.  

La ligne d’action de Diefenbaker aura une profonde influence sur le Premier ministre Pierre Elliot Trudeau, qui réussira à gagner la bataille contre les provinces pour lier la législation en matière des droits de la personne à la Constitution canadienne. En 1982, la Constitution est officiellement amendée et une entière Charte canadienne des droits et libertés entre en vigueur, mesure facilitée par l’engagement et l’action de Diefenbaker.

S’il s’agit plus d’une déclaration symbolique que d’une disposition législative pratique, la Déclaration canadienne des droits a réussi à influencer les développements dans les tribunaux canadiens, entraînant une plus grande sensibilisation du public à la question des droits de la personne. Cela deviendra, comme Diefenbaker le rappellera souvent aux Canadiens, la réalisation dont il était le plus fier.

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