Des Voix et des Votes

Le 14 février 1916, la Saskatchewan Equal Franchise Board présenta à Walter Scott, premier ministre de la Saskatchewan, une pétition de 10 000 signatures demandant
le droit de vote pour les femmes. Exactement un mois plus tard, le 14 mars, le suffrage provincial leur fut accordé.

En Saskatchewan, le 26 juin 1917, les femmes votèrent pour la première fois. Aussi, la première candidate électorale, Zoa Haight, se présenta dans la circonscription de Thunder Creek comme Indépendante.

Ces élections causèrent une certaine division dans la Saskatchewan Equal Franchise Board. Plusieurs femmes appuyèrent les Libéraux, tandis que d’autres, comme Zoa Haight et Violet McNaughton, crurent que la réforme ne put venir que par les partis non - partisans. Les Libéraux y remportèrent une victoire écrasante.

Images:
- Provincial Archives of Saskatchewan (archives provinciales de la Saskatchewan), S A1_1_9
- Provincial Archives of Saskatchewan (archives provinciales de la Saskatchewan), S A1 Fonds Violet McNaughton, Dossier E.18, Equal Franchise League (ligue de suffrage égal), 1914 à 1919, Une lettre du premier ministre de la Saskatchewan, Walter Scott, à Violet McNaughton.

Un Monde en Évolution

Le rôle des sexes changea radicalement après le déclenchement de la Grande Guerre car les femmes remplacèrent les hommes aux services des forces armées. Dans des emplois, qui autrefois furent exclusivement pour les hommes, elles eurent de nouvelles opportunités. Ces emplois répondirent à la demande accrue de produits dans les secteurs alimentaires, industriels et de la fabrication. En Saskatchewan rurale, les femmes se chargèrent du travail à la ferme, et dans les villes, beaucoup travaillèrent dans des usines.

La guerre apporta des changements sociétaux ainsi que des divisions parmi les suffragettes des Prairies. Les soeurs Beynon, par exemple, furent pacifistes ardentes. D’autres, comme Violet McNaughton, furent « pacifistes patriotiques » n’acceptant pas la participation du Canada à la guerre, toutefois, elles restèrent fidèles à la Grande-Bretagne et contribuèrent à l’effort de guerre.

Photos:
- Bibliothèque et Archives Canada, PA-024627
- Le Women’s War Council (conseil des femmes sur la guerre) à Ottawa. Photographie lh-2353 avec l’autorisation de Saskatoon Public Library – Local History Room (bibliothèque municipale de Saskatoon – salle d’histoire locale)

La Loi des Élections en Temps de Guerre

La Grande Guerre poussa le gouvernement fédéral à contempler sérieusement le mouvement de suffrage.

En 1917, le Premier ministre, Sir Robert Borden, avait deux objectifs principaux : remporter la prochaine élection fédérale, et passer un projet de loi controversé sur le service militaire obligatoire pour tous les hommes du Canada. Borden réalisa que les femmes, ayant des parents mâles servant à l’étranger, appuieraient le service militaire obligatoire tout en lui fournissant le soutien nécessaire pour rester au pouvoir.

En septembre, le Parlement adopta la Loi des élections en temps de guerre. Cette loi donna le suffrage aux femmes d’origine britannique ayant des parents mâles servant dans la guerre ainsi qu’aux 2 845 infirmières militaires, membres du Service de santé de l’armée canadienne.

Photo:
- Bibliothèque et Archives Canada, PA-002279 / Infirmières militaires canadiennes marquant leur bulletin de vote à une hôpital canadienne en France. Décembre 1917. Library and Archives Canada/Bibliothèque et Archives Canada, PA-02279
Image:
- Musée canadien de la guerre. CWM 19760586-002_8, George Metcalf Archival Collection (collection des archives de George Metcalf)

Le Pays Emboîta le Pas

La Loi des élections en temps de guerre ne plut pas aux suffragettes. Le Saskatchewan Equal Franchise Board déclara ouvertement que la Loi minait la cause du suffrage en donnant le vote à quelques privilégiées. Les soeurs Beynon appelèrent ce suffrage partiel « antidémocratique ».

Après l’adoption de la Loi des élections en temps de guerre, le Premier ministre Borden se rendit compte qu’il ne put s’opposer au suffrage pour toutes les femmes. Le 24 mai 1918, les femmes canadiennes, âgées de plus de 21 ans, possédant des biens et étant d’origine britannique, reçurent le droit de vote aux élections fédérales.

Cependant en 1918, pour certaines femmes, la lutte pour le suffrage ne finit pas là car celles de minorité raciale ne reçurent pas le droit de vote aux élections fédérales.

Image:
- Avec l’autorisation de Tim Cook
Photo:
- Premier ministre Robert Borden. Library and Archives Canada/Bibliothèque et Archives Canada, C-000694