Les Divisions Parmi Les Classes

Malgré leur unité dans la lutte, certaines divisions existèrent entre les suffragettes de différentes classes sociales, et ce, particulièrement dans les villes.

Dans les grandes villes, les partisanes les plus ferventes vinrent surtout de la classe moyenne. Ces femmes se sentirent obligées de mener la classe ouvrière vers une vie meilleure. Cependant, de nombreuses citadines ne comprirent pas ces femmes qu’elles tentèrent « d’aider », et ne les considérèrent pas comme leurs paires. Les femmes de la classe ouvrière reconnurent cette condescendance et furent sceptiques d’une telle aide.

Ces divisions furent beaucoup moins évidentes en Saskatchewan. Même dans les villes, il y eut plus d’affinité avec les femmes rurales. De nombreuses suffragettes furent agricultrices, dont les chefs vinrent des mouvements coopératifs où l’on encouragea les partenariats et la solidarité.

Photos:
- Saskatchewan History and Folklore Society (organisme historique et folklorique de la Saskatchewan), paton071
- Saskatchewan History and Folklore Society (organisme historique et folklorique de la Saskatchewan), paton426

Des Défis Régionaux

Des divisions régionales furent apparentes au sein du mouvement suffragiste, en particulier entre « l’Est » du Canada (surtout en Ontario), et « l’Ouest » (dans les Prairies).

Beaucoup de femmes de l’Est déménagèrent en ville à la recherche de meilleures opportunités, mais elles y trouvèrent la vie difficile et coûteuse. Certaines durent travailler dans des conditions dangereuses pour subvenir à leurs besoins ou pour compléter les revenus de leur famille.

Dans les Prairies, les femmes étant moins nombreuses, elles purent trouver rapidement un époux et débuter leur famille. Ces femmes furent de précieuses partenaires dans le maintien et le travail manuel de la ferme. Donc, les hommes de ce milieu les acceptèrent assez facilement comme égales et appuyèrent le mouvement suffragiste. Cependant, celles ne se fixant pas de « bons mariages » furent vulnérables aux lois sur la propriété qui favorisèrent fortement les hommes.

Photos:
- City of Toronto Archives (archives de la ville de Toronto), Fonds 1244, item 137
- Violet McNaughton, au centre, avec chapeau en main. Photographie LH-2150 avec l’autorisation de Saskatoon Public Library – Local History Room (bibliothèque municipale de Saskatoon – salle d’histoire locale)

Les Villes et Les Campagnes

Certaines femmes de la Saskatchewan rurale approchèrent avec suspicion et scepticisme les citadines qui ne semblèrent pas bien comprendre les luttes des agricultrices. Les suffragettes-chefs de la province tentèrent de combler cette lacune en créant des organismes unificateurs. Violet McNaughton, par exemple, créa le Saskatchewan Equal Franchise Board (le conseil provincial de suffrage égal), d’autres mirent sur pied des unités du Provincial Equity League, et encore, il y eut la présence imposante de la Société de tempérance des dames.

Bien que dans certains organismes les citadines fussent fortement représentées, et que dans d’autres ce furent plutôt les femmes rurales, toutes partagèrent de similaires objectifs finaux : la prohibition, l’amélioration des soins de santé en milieu rural, la promotion agraire, l’égalité des sexes, la parité du travail, la réforme sociale, et, bien sûr, le suffrage.

Photos:
- La rue Main à Kisbey, En Saskatchewan. Saskatchewan History and Folklore Society (organisme historique et folklorique de la Saskatchewan), paton480
- Le carrefour de la rue Scarth et de la 11e avenue, à Regina, en Saskatchewan. City of Regina Archives (archives de la ville de Regina), no. 74375

L'Organisation et La Coopération

Les organismes suffragistes, tels que la Saskatchewan Equal Franchise Board, furent rares en Saskatchewan rurale. Les femmes furent plutôt membres d’organismes agricoles - les précurseurs du mouvement suffragiste. Parmi les membres de ces groupes se trouvèrent celles qui s’engageraient fortement dans « la cause ». Par conséquent, ces organismes prirent un rôle central dans les activités suffragistes.

Les hommes partisans du mouvement, crurent que le suffrage fut un moyen d’influencer le gouvernement provincial à faire de véritables changements. D’ailleurs, les hommes du milieu rural estimèrent que lorsque les femmes auraient le droit de suffrage, elles auraient une plus forte représentation politique dans les villes.

Photo:
- Photographie LH-2133 avec l’autorisation de Saskatoon Public Library – Local History Room (bibliothèque municipale de Saskatoon – salle d’histoire locale)