Laissés de Côté

L’Acte des Sauvages de 1876 considéra les Indiens inscrits comme « pupilles de l’État » sans citoyenneté complète, donc exclus du vote. 

En 1960, le Premier ministre John Diefenbaker accorda le vote fédéral à tous les Autochtones. Peu de temps après, le premier ministre Tommy Douglas accorda le droit de vote provincial aux Autochtones de la Saskatchewan.

Cependant, pour les femmes autochtones, les politiques discriminatoires sur le suffrage continuèrent. Jusqu’en 1985, lorsqu’une femme de Première Nation épousa un « non-Indien », elle et ses enfants perdirent leurs droits et leur statut d’Indien. D’autre part, lorsqu’une femme non autochtone épousa un homme de Première Nation, elle devint légalement « Indienne », et jusqu’en 1960, perdit son droit de voter.

Photos:
- University of Saskatchewan Archives and Special Collections (archives et collections spéciales de l’Université de la Saskatchewan), JGD3636
- University of Saskatchewan Archives and Special Collections (archives et collections spéciales de l’Université de la Saskatchewan), JGD4859

Le Projet de Loi C-31

En 1985, on ajouta le Projet de loi C-31 à la Charte canadienne des droits et libertés. Ce projet de loi supprima la pratique discriminatoire de refuser à une Autochtone ses droits lorsqu’elle épousa un homme non autochtone.

Lorsque le projet de loi entra en vigueur, les femmes autochtones et leurs enfants purent demander le rétablissement de leur statut. Toutefois, ce processus fut extrêmement difficile car les candidats devaient se rendre aux bureaux du ministère des Affaires indiennes, ce qui était inabordable pour de nombreuses femmes vivant dans des collectivités éloignées. En outre, elles durent payer des frais supplémentaires pour faire la recherche de preuves de leur statut autochtone. Ainsi, malgré ce projet de loi, pour les femmes défavorisées financièrement ou autrement, le processus de rétablissement de statut fut inaccessible.

Photo:
- Autorisation: Domaine public
Image:
- The Toronto Star (journal), samedi le 6 juillet 1985 (page A16)

Exclus

Bien que le suffrage des femmes soit établi au Canada, les femmes de minorité visible en furent exclues. Pour les Canadiens d’ethnie chinoise, japonaise et hindou, le suffrage ne fut pas autorisé jusque dans les années 1940. 

En 1920, les personnes privées du droit de vote provincial à cause de leur race virent leur droit au suffrage fédéral retiré par une clause dans l’Acte des élections fédérales. La Saskatchewan fut l’une de deux provinces canadiennes à nier le droit de vote provincial aux Sino-Canadiens. En 1947, les Canadiens d’ethnie chinoise et hindou reçurent le droit de vote aux niveaux provincial et fédéral, tandis que Canadiens-japonais le reçurent en 1948.

Les Doukhobors et les Mennonites confrontèrent également l’intolérance. La Loi des élections en temps de guerre de 1917 leur refusa le suffrage à cause de leurs croyances religieuses, qui les opposèrent à la participation militaire. Ils ne furent pas autorisés à voter jusqu’en 1955.

Photos:
- Photographie LH-1856 avec l’autorisation de Saskatoon Public Library – Local History Room (bibliothèque municipale de Saskatoon – salle d’histoire locale)
- La famille Wiens. Avec l’autorisation de Larissa Clark.