Le Rejet De "La Cause"

L’opposition au mouvement suffragiste vint non seulement des hommes, mais aussi de certaines femmes.

Les anti-suffragettes condamnèrent « la cause » croyant que le vote conduirait aux difficultés familiales et à la dégradation du « rôle convenable » des femmes. Certaines prétendirent qu’en étant mères et femmes au foyer, les femmes n’avaient pas à comprendre les affaires politiques. D’autres avancèrent que les femmes n’étaient pas assez intelligentes pour faire de la politique. Estimant que seuls les hommes possédaient les connaissances et l’expérience pour comprendre les questions complexes, les critiques déclarèrent que les femmes voteraient toujours comme leur mari, et, qu’il fut inutile de leur accorder leur propre bulletin. De plus, les anti-suffragettes indiquèrent que les femmes ne voulaient pas réellement le vote, et que même si elles l’avaient, elles ne l’utiliseraient pas.

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- Library of Congress (bibliothèque du congrès américain), LCUSZ62-25338
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- Bryn Mawr College Library Special Collections (collections spéciales du collège Bryn Mawr), M-88-2-5

Porquois Les Femmes Devraient Voter

Les partisans du suffrage répliquèrent qu’ils ne voulurent pas perturber les rôles des sexes, et qu’au contraire, ils cherchèrent à obtenir le suffrage pour les femmes afin d’avoir une meilleure représentation politique sur la condition féminine. Pour eux, le suffrage n’alla guère à l’encontre des femmes en tant que fournisseurs principaux de soins aux enfants et au domicile, mais plutôt à renforcer ces idéaux en promouvant la participation politique des femmes.

Violet McNaughton, la principale chef-suffragette de la Saskatchewan, souligna que beaucoup d’hommes ayant le droit de vote ne votèrent pas, et ne furent pas jugés comme électeurs inaptes. Elle déclara que, « les femmes voteront comme le firent les hommes : certaines voteront bien, d’autres mal, et d’autres encore ne le feront pas du tout ».

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Pour Famille et Pour Foyer

Le « féminisme maternel » est une philosophie où les femmes sont perçues comme les défenseures naturelles du bien-être des enfants et des familles parce qu’elles étaient instinctivement plus chaleureuses et nourricières. Les suffragettes épousant cette idée, affirmèrent que leur lutte pour le suffrage ne chercha pas à perturber l’ordre social, mais plutôt à l’améliorer.

Le féminisme maternel affirma également que les hommes et les femmes occupèrent des « sphères séparées » - les hommes furent responsables des affaires publiques à l’extérieur du foyer, tandis que les femmes prirent soin des tâches domestiques. Cependant, ces « sphères » ne furent pas clairement définies en Saskatchewan car les femmes participèrent souvent aux travaux agricoles, tout comme les hommes. Les agriculteurs et les agricultrices ne se virent pas comme concurrents, mais plutôt comme partenaires vers l’amélioration de la vie rurale.

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- PH-2008-49 avec l’autorisation de Saskatoon Public Library – Local History Room (bibliothèque municipale de Saskatoon – salle d’histoire locale)
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"Mères de la Race"

La philosophie du féminisme maternel inclut la croyance en la « pureté raciale ». Au début des années 1900, particulièrement dans les régions urbaines, beaucoup de femmes canadobritanniques s’inquiétèrent du nombre croissant d’ immigrants. Se voyant comme génétiquement supérieures, ces femmes, en tant que « mères de la race », se sentirent responsables d’avoir des enfants et d’élever des familles britanniques « convenables ». D’ailleurs, certaines avancèrent que la société avait besoin de préservation et d’avancement raciaux.

Cependant, la Women’s Grain Growers’ Association de la Saskatchewan, reconnut l’importance de recruter des partisanes au mouvement suffragiste, et s’efforça d’inclure et d’instruire les agricultrices immigrantes d’origine non-britannique. Pour Violet McNaughton, les membres de la Women’s Grain Growers’ Association de la Saskatchewan eurent « un devoir envers les femmes dites « étrangères » qui, comme nous, sont maintenant « citoyennes ». »

- Saskatchewan History and Folklore Society (organisme historique et folklorique de la Saskatchewan), paton046
- M et Mme. Lawford. Saskatchewan History and Folklore Society (organisme historique et folklorique de la Saskatchewan), paton438
- Percy et Cora Ross. Saskatchewan History and Folklore Society (organisme historique et folklorique de la Saskatchewan), paton635