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R.H. Britnell
This study, concentrating in particular on the sale of grain and fish, examines evidence of the way in which prices were determined in the market places of English boroughs in the later Middle Ages. It argues that public intervention, inspired by principles of Canon Law, was more active than has previously been supposed, and that free-bargaining between buyers and sellers was not allowed. On the contrary, there was at any given moment an official market price, authorized by market officials, that was binding on both buyers and sellers. For large consignments of grain or fish entering urban markets, there was a further, subsidiary procedure for fixing prices whereby sellers had to agree to a selling price with the town authorities before the goods were put on sale. The object of these procedures was to hold down prices in the interests of urban consumers. The offence of forestalling, usually understood simply as the creation of monopolies by those who bought up produce on its way to market, often involved the further charge of evading these price-setting arrangements. The paper demonstrates that urban price-setting policies were not wholly neutral between different types of households, since a widespread system of rationing favoured free burgesses over others in times of scarcity. It may also be observed that many prosecutions for offences relating to high prices were more a symbolic assertion of the liberties of free burgesses than a response to serious misdemeanours. There was inevitably some potential for conflict in the enforcement of policies based on the assumption that grain prices were set from day to day in urban markets, given that, in reality, price changes often originated in the countryside in the course of negotiations between rural producers and urban buyers.
A partir de la considération du blé et du poisson en particulier, nous examinons la façon dont les prix furent fixés dans les marchés urbains de l'Angleterre entre 1349 et 1500. Nous montrons que les pouvoirs publics, se basant sur les principes énoncés au Droit Canon, s'immisçaient plus qu'on ne l'a dit jusqu'ici dans les activités du marché, et qu'un commerce libre entre les vendeurs et les acheteurs n'était pas permis -- au contraire, il existait toujours un prix officiel, autorisé par les fonctionnaires du marché. En ce qui concernait les arrivages en gros de blé ou de poisson, il y avait des règles supplémentaires: les vendeurs devaient se mettre d'accord avec les pouvoirs urbains sur un prix avant que les denrées fussent mises en vente. Le but de ces règles était de maintenir les prix au niveau le plus bas possible dans l'intérêt des consommateurs urbains. La poursuite du délit connu sous le nom de forestalling, qui dénote normalement la création de monopoles par ceux qui s'arrangeaient pour acheter les denrées avant leur arrivée au marché, était souvent accompagnée d'une accusation supplémentaire d'évasion des règles concernant le contrôle des prix. Nous montrons que ce contrôle des prix n'était pas tout à fait neutre dans ses effets à l'égard des ménages de statut différent, car un système de rationnement très répandu favorisait en temps de disette ceux qui participaient aux libertés de la ville. Il est à noter aussi que bon nombre des poursuites judiciaires concernant les prix trop élevés paraissent provenir dur désir d'insister sur les libertés des bourgeois plutôt que du besoin de pénaliser des délits véritablement graves. Un règlement basé sur la supposition que le prix du blé se fixait d'un jour à l'autre le jour dans les marchés urbains devait nécessairement entraîner des conflits, étant donné qu'en réalité les changements dans les prix avaient leur origine dans les campagnes, au moyen des négotiations entre producteurs ruraux et acheteurs urbains.
Market Towns and the Countryside in Late Medieval England
Christopher Dyer
This study of the interactions between market towns and their surrounding countryside is inspired by David Farmer's work on agricultural marketing. Central place theories of "spheres of influence" are applied to a number of small English towns for which there is evidence of commercial contacts in the period 1280-1520. A sample of towns is used, including a group of contiguous market centres in the west midlands. Trading hinterlands are defined and compared, showing that a half of places with which small towns traded lay within a radius of ten km. The shape of hinterlands was influenced by a number of geographical and economic factors. Analysis of debts and records of trade contacts allows us to define the urban hierarchy and the extent of competition between towns. A commercial chain is found linking London and the ports to provincial cities and then with the network of market towns, which in turn dealt with small-scale village traders. Even some small towns, which usually went in for little specialization, developed a distinctive product or commodity. Social and cultural factors also played a part in defining relations between town and country. The study of hinterlands and relations between towns gives general insights into the medieval economy.
Cette étude de l'interaction entre les marchés et la campagne environnante a été inspirée par l'oeuvre de David Farmer sur le marketing agricole. Des théories de central place de sphères d'influence s'appliquent sur un bon nombre de petites villes anglaises pour lesquelles il existe des preuves de contacts commerciaux durant la période 1280-1520. Un échantillon de villes a été choisi, y compris un groupe contigu de marchés de l'ouest des comtés du centre de l'Angleterre. Le commerce de l'arrière-pays fut défini et comparé démontrant que le moitié de ces centres commerciaux résidaient dans un rayon de dix km les uns des autres. La forme de l'arrière-pays fut influencée par un nombre de facteurs géographiques et économiques. L'analyse des dettes et des documents de contacts commerciaux nous ont permis de définir la hiérarchie urbaine et l'étendue de la compétition entre les villes. On a découvert une chaîne commerciale reliant Londres et les ports aux villes de province et aussi au réseau de marchés qui, à leur tour, faisaient affaire avec des commerces de villages de petites envergures. Même de petites villes qui d'ordinaire offraient un peu de spécialisation, développèrent des produits ou matières premières qui leur étaient caractéristiques. Des facteurs sociaux et culturels eurent aussi un rôle à jouer dans la définition des rapports entre la ville et la campagne. L'étude du monde rural et des rapports entre les villes nous offre une autre facette de l'économie médiévale en général.
John Langdon
The recourse to wage labour has traditionally been seen by historians as a second-rate option for medieval people, where access to land remained the key factor for ensuring their survival. Yet, labour opportunities, especially for craftsmen, were seemingly attractive for much of the thirteenth century at least, both in relation to the levels of pay and the probability of finding work during a time of notable investment, particularly in building. This article investigates the opportunities for labour in the milling industry of thirteenth- and early fourteenth-century England. By using mill data drawn from manorial accounts for the construction, operation and maintenance of water-mills and windmills, it was possible to estimate the equivalent full-time labour requirement for the industry. At the beginning of the fourteenth century, this ranged from 15,000 to 25,000 equivalent full-time workers per year. Employment opportunities of this scale reveal the power of industries like milling to draw substantial and varied workforces around them. The milling industry, however, peaked around 1315, after which opportunities for employment seemingly declined. Considering this in the context of the medieval economy as a whole, there seems to be a case for thinking of the adversities of the early fourteenth century in terms of recession rather than purely as a crisis in subsistence.
L'accès à la terre a toujours été considéré par les historiens, comme étant le facteur essentiel de la garantie de survie du peuple au moyen-âge et leur recours au travail salarié comme un choix de deuxième ordre. Cependant, au moins pour une très grande partie du treizième siècle, des occasions de travail, surtout pour les artisans, étaient apparemment séduisantes, non seulement au niveau des salaires, mais aussi de la probabilité de trouver du travail durant une période d'investissement notable, spécialement en construction. Cet article analyse les occasions de travail dans l'industrie des moulins en Angleterre aux treizième et début du quatorzième siècles. En examinant les données pour la construction, le fonctionnement et l'entretien des moulins à eau et à vent dans les comptes seigneuriaux, il fut possible d'évaluer l'équivalent des conditions d'un travail à plein temps pour cette industrie. Cela donna l'équivalent de 15,000 à 25,000 travailleurs à temps plein au début du quatorzième siècle. Des occasions de travail de telle envergure nous démontrent la capacité d'industries, comme celles des moulins, d'attirer vers elles une main-d'oeuvre considérable et diverse. L'industrie des moulins toutefois atteignit son niveau maximum aux environs de 1315. Après cette date, les occasions de travail subirent un déclin apparent. Si nous prenons en considération cette information dans le contexte de l'économie médiévale, il semblerait que nous avons de bons arguments pour repenser aux adversités du début du quatorzième siècle sous l'angle d'une récession au lieu d'une simple crise de subsistance.
The Rise And Fall of Markets in Southeast England
Mavis Mate
This article discusses the rise and fall of markets in southeast England --- the counties of Kent, Surrey, and Sussex. A number of markets that were licensed do not appear to have actually come into being. A high density of markets in Kent supports the suggestion that the expansion of marketing resulted, in part, from landlessness and poverty. Lords frequently made more profit from stallage than they did from tolls. Revenues began to fall in the 1390s and in the mid-fifteenth century dropped even lower. Broken and wasted shops and empty market stalls became a commonplace, especially in the Weald. Markets that catered to an industrial population, as in cloth-producing areas, were more likely to survive and produced higher revenues than those that catered primarily to a rural hinterland.
Cet article analyse l'essor et la chute des marchés dans le sud-est de l'Angleterre, plus particulièrement dans les comtés de Kent, Surrey et Sussex. Un bon nombre de marchés qui avaient obtenu leur license ne semblent pas avoir pris naissance. Une haute densité de marchés dans le Kent confirme l'hypothèse que l'accroissement de la commercialisation fut causé, entre autres, par les pauvres et par ceux qui n'étaient pas des propriétaires terriens. Souvent, les seigneurs faisaient d'avantage de profits avec leurs étalages qu'avec les taxes. À partir de la moitié des années 1390, les revenus commencèrent à diminuer et, à la mi-quinzième siècle, baissèrent encore d'avantage. Des boutiques abandonnées et en ruine, de même que des étalages déserts, devinrent choses courantes, particulièrement dans le Weald. Les marchés qui desservaient la population industrielle comme dans les secteurs des textiles, avaient plus de chances de survivre et de produire des revenus plus élevés que ceux qui desservaient avant tout les populations rurales de l'arrière-pays.
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