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Ronald S. Love
On 1 September 1686, Louis XIV welcomed the ambassadors of Phra Narai, King of Siam, in a great public audience at Versailles. Held in the sumptuous Hall of Mirrors, it was the most spectacular reception the Sun King ever granted to an embassy during his long reign. What made it unique was the way in which the French court copied as nearly as possible the outward forms of Siamese royal ceremonial, as recounted by various French visitors to the Asian kingdom and the chevalier de Chaumont, who had served as Louis's ambassador to Phra Narai the previous year. For the object of the reception was to present the French monarch as an omnipotent Asian despot, equal to the Siamese monarch in every way, to give the envoys an exalted idea of Louis's greatness, power, and magnificence according to eastern expectations. At the same time, the French king also impressed his own courtiers with a theatrical display of royal absolutism that went far beyond European precepts. What this event reveals in particular, therefore, is how the Sun King manipulated royal French protocol and Siamese rituals of majesty to assert his absolutist claims in a visual way, by magnifying his image and gloire both personally and symbolically as French monarch and the living embodiment of the state.
Le 1 septembre 1686, Louis XIV accueillit les ambassadeurs de Phra Narai, roi de Siam, dans une grande audience publique à Versailles. Tenue dans la somptueuse Galerie des Glaces, c'était la réception la plus spectaculaire que le Roi Soleil jamais accorda à une ambassade pendant la longue durée de son règne. Ce qu'il la fit unique était la manière dans laquelle la court française imita aussi exactement que possible les formes extérieures de cérémonie royale siamoises, comme racontèrent non seulement par plusieurs visiteurs français au royaume asiatique, mais aussi par le chevalier de Chaumont qui servit comme l'ambassadeur de Louis près de Phra Narai l'année précédente. L'objet principal de la réception était de présenter le monarque français dans la guise d'un despote asiatique et tout-puissant, le pareil du monarque siamois en tout choses, et de donner les envoyés une idée exaltée du grandeur, puissance et magnificence de Louis selon des attentes orientales. En même temps, le roi français impressionna ses propres courtiers avec une exposition théâtrale de l'absolutisme royal qui alla plus loin que des préceptes européens. Ainsi, cet événement révèle la manière dans laquelle le Roi Soleil manipula le protocole royal français et aussi les rituels de majesté siamoise pour affirmer ses prétentions absolutiste dans une façon visuelle, par le moyens de magnifier son image et sa gloire tant personnelle que symbolique, comme le monarque français et la personnification vivante de l'État.
The Third Generation: The Young
Socialists in Italy, 1907-1915
Earlene Craver
Between 1907 and 1915 the Federazione Giovanile Socialista Italiana (F.G.S.I.) changed from a moderate organization into one of the most militant in the Italian socialist movement. The conflicts between the F.G.S.I. and reformist leaders of the Partito Socialista Italiano (P.S.I.) exacerbated during the Libyan war were not fully healed by the maximalist victory in 1912. Members of the F.G.S.I. went on to question the traditional parameters between which P.S.I. theory-practice had fluctuated. The youths favoured Benito Mussolini over other maximalist leaders between 1912 and 1914 not just because of his youth, style, and well-known opposition to the Libyan venture but because he raised many of their concerns with regard to party policies toward the trade unions and the south, and challenged some of the accepted tenets of social democratic orthodoxy. Despite Mussolini's argument for revolutionary intervention in WWI, the F.G.S.I., with few individual exceptions, remained true to its prewar antimilitarism and in 1915, certain leaders of the youth movement, in particular, Amadeo Bordiga and Nicola Modugno, with strong support from their southern sections, took the most radical position within the Italian socialist camp against Italian entry into the war. Bordiga and Angelo Tasca were among F.G.S.I. leaders who would become leaders of the Italian Communist party and differences in their approach were evident already in 1912. Bordiga's experience and prominence in the youth movement helped build the grassroots foundation for his leadership in forming the Italian Communist party at the war's end.
Entre 1907 et 1915, la Fédération des Jeunesses Socialistes Italiennes (F.G.S.I.) changeât d'orientation: après avoir été une organisation modérée, elle devint l'une des plus militantes du mouvement socialiste italien. Les conflits entre la F.G.S.I. et les dirigeants du Parti Socialiste Italien (P.S.I.) s'éxacerbèrent pendant la guerre de Lybie, et ils ne furent pas résolus après la victoire maximaliste à l'intérieur du parti, en 1912. Les membres de la F.G.S.I. ont alors mis en question les paramètres traditionnels dans lequels la théorie et la pratique du P.S.I. avaient été formulées. Entre 1912 et 1914, les jeunes prirent position en faveur de Benito Mussolini contre d'autres dirigeants maximalistes, non seulement à cause de sa jeunesse, son style et sa reconnue opposition à l'aventure lybienne, mais surtout parce qu'il exprimait leurs doutes sur les politiques du parti concernant les syndicats et le Sud du pays, et parce qu'il défiait en un nombre de points l'orthodoxie social-démocratique de la vieille génération. Malgré les arguments de Mussolini sur l'intervention révolutionnaire à la Première Guerre Mondiale, la F.G.S.I. -- compte tenu de quelques exceptions individuelles -- demeurât fidèle à son anti-militarisme d'avant guerre: en 1915, certains dirigeants du mouvement de la jeunesse socialiste, notamment Amadeo Bordiga et Nicola Modugno, prirent les positions les plus radicales contre l'entrée en guerre de l'Italie, avec le soutien de leur sections du Sud. Bordiga et Angelo Tasca furent entre les dirigeants de la F.G.S.I. qui, quelque temps après, devinrent dirigeants du Parti Communiste Italien, même si les différences entre les deux étaient déjà évidentes en 1912. L'expérience et le rôle principal tenu par Bordiga dans le mouvement de jeunesse contribuèrent à lui fournir l'appui de base pour sa participation décisive dans la création du Parti Communiste Italien après la guerre.
K.M. Wilson
Despite tension within the Liberal cabinet between the few partisans of the entente with France and a majority reluctant to admit even the possibility of Britain fighting beside France in a continental war, the minority Liberal Imperialists -- R.B. Haldane particularly influential among them -- were largely unchecked by their more isolationist colleagues until the watershed of November 1911. Ironically, this earlier period of freedom saw less effective planning to support France than the post-watershed period of closer scrutiny.
Using newly available evidence from the Lansdowne and Ilbert papers, this paper examines the means used by partisans of the entente to impose their will on the cabinet during the four "war-in-sight" crises preceding August 1914 -- means such as public opinion creation through press manipulation, collaboration with the Conservative leadership, and use of treaty obligations to provide a locus standi. It closes with the argument that the Liberal Imperialists' earlier lack of interest in Anglo-French planning is best explained by their perception of Russia's major role in safeguarding France, and the consequent belief that British gestures of support were chiefly that, gestures intended mainly to maintain the connection with Russia, which was of paramount importance to British foreign -- mainly imperial -- policy at that time.
En dépit des tensions à l'intérieur du cabinet libéral entre les quelques partisans d'une entente avec la France et la majorité qui hésitait à admettre même la possibilité que la Grande-Bretagne pourrait combattre côte à côte avec la France dans une guerre sur le continent, la minorité des libéraux impérialistes -- avec notamment R.B. Haldane parmi les plus importants -- ne rencontrèrent aucune opposition de leurs collègues isolationistes, jusqu'au moment critique de novembre 1911. Ironiquement, durant cette première période de paix, il y eut moins de planification efficace pour appuyer la France qu'après le grand tournant qui subit un exament rigoureux.
En se servant des documents de Lansdowne et de Ilbert récemment disponibles, cet article examine les moyens employés par les partisans d'une entente pour imposer leur volonté au cabinet durant les quatre crises de "menace de guerre" qui précédèrent le mois d'août 1914. Les moyens utilisés furent, entre autres, la création de l'opinion publique par une manipulation de la presse, la collaboration avec le leadership conservateur et l'utilisation des obligations du traité pour provoquer un locus standi. Finalement, cet article soutient que le manque d'intérêt des libéraux impérialistes pour une planification anglo-française peut s'expliquer par leur perception du rôle majeur que la Russie jouait pour la sauvegarde le la France, et par la croyance que les gestes de soutien de la part de la Grande-Bretagne n'étaient justement que ça, des gestes, faits intentionnellement pour entretenir le lien avec la Russie, ce qui était d'une suprême importance pour la politique étrangère -- particulièrement impérialiste -- de la Grande-Bretagne à cette époque.
"Goak Here": A.J.P. Taylor and
The Origins of the Second World
War
Benjamin Carter Hett
A.J.P. Taylor's The Origins of the Second World War has stimulated a great deal of discussion and controversy in the thirty-five years since its publication, without a clear consensus emerging among historians on its merits as an accurate chronicle of interwar diplomacy. In this paper the author concludes that Taylor's book can be read, as Taylor himself hinted it should be, as an admonitory fable on the cause and prevention of war, very much addressed to a cold war audience; but that Taylor's brilliance as a narrative historian should not blind us to the defects of his book as a literal account of the era of appeasement. Taylor's book must be interpreted in light of his other writings on diplomatic history, and with the aid of his various comments on the purpose and method of writing history. A review of Taylor's historiographical and journalistic writings from the 1930s to the late 1950s shows that the Origins was in no way a sudden departure from Taylor's earlier work. Virtually all his writings had displayed a concern with Germany's place in Europe, a passionate commitment to disarmament, and a willingness to question any received theory -- including, after about 1948, that of Hitler's culpability for the outbreak of the Second World War. The Origins can also be seen as a characteristic product of Taylor's method as an historian, a method which he himself described as more artistic than scholarly, and one greatly influenced by the polemical style of such nonhistorians as G.B. Shaw. Criticisms have been levelled at the Origins on a number of grounds, but the most fundamental are (1) its internal inconsistencies on the central question of the causes of the war; (2) Taylor's perverse handling of the documentary record of Hitler's warlike intentions; and (3) Taylor's inappropriate equation of historical cause with the subjective intentions of an historical actor.
Les origines de la deuxième guerre mondiale de A.J.P. Taylor a stimulé beaucoup de discussion et de controverses depuis sa publication en 1961. Toutefois, un consensus manifeste sur ses mérites en tant que chronique précise de la diplomatie d'entre-guerre n'a jamais apparu chez les historiens. Dans cet essai, l'auteur conclut qu'on peut lire les Origines comme une fable éclairée sur les causes et la prévention des guerres, lecture dirigée particulièrement vers un auditoire de la guerre froide, comme Taylor lui-même l'a voulu; mais il ne faudrait pas que le génie de narrateur historique de Taylor nous empêche de voir les imperfections du récit comme étant un compte-rendu conforme à la réalité diplomatique d'entre-guerre. Au contraire, cette oeuvre de Taylor doit être interprétée à la lumière de ses autres écrits d'histoire diplomatique et de ses commentaires multiples sur les objectifs et méthodes d'écriture historique. Une revue des travaux historiques et journalistiques de Taylor des années trente jusqu'à la fin des années cinquante démontre que la ligne de conduite des Origines ne fut pas une dérogation à ses travaux précédents. De fait, tous ses écrits ont démontré un intérêt dans la place qu'occupe l'Allemagne en Europe, un engagement passionné vis-à-vis du désarmement et une bonne volonté à remettre en question toutes les théories développées sur ces sujets, entre autres aux alentours de 1948, celle de la culpabilité d'Hitler pour son rôle dans le déclenchement de la deuxième guerre mondiale. On peut aussi voir les Origines comme étant une oeuvre caractéristique de Taylor en tant qu'historien, utilisant des méthodes plus artistiques qu'érudites et très influencées par le style polémique de G.B. Shaw. On a relevé plusieurs critiques sur les Origines et les plus importantes sont: 1) les inconsistences sur la question primordiale des causes de la guerre; 2) la manipulatioin perverse de Taylor des documents officienls sur les intentions belliqueuses d'Hitler; 3) le manque d'à propos de mettre sur le même pied une cause historique et les intentions subjectives d'un acteur historique.
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