Special Edition: Religion and Popular Culture in Canada - 2009

Religion and Popular Culture in Canada: Introducing the Theme /
Religion et culture populaire au Canada : Présentation du thème

- Chris Klassen, Wilfred Laurier University

 printable version (English)
 printable version (French)


Arcade Fire’s Parodic Bible
- Michael J. Gilmour, Providence College, Manitoba

 printable version


Holy Acceptable Violence?
Violence in Hockey and Christian Atonement Theories
- Tracy Trothen, Queen’s University,
Kingston, ON

 printable version


A Comparative Analysis of Three Locations of Ritual Activity at Saint Joseph’s Oratory in Montreal
- Laurence Nixon, Dawson College, Montreal

 printable version


Le mot et la chose, l’hostie dans le matrimoine du Québec
- Olivier Bauer, l’Université de Montréal

 printable version


Culture in Motion: Yiddish in Canadian Jewish Life
- Rebecca Margolis, University of Ottawa

 printable version

on-line web based journal religion religious popular culture film fan culture comics comic books movie movies popular novels television tv radio journalism print media internet www art architecture new religious movements advertising pop music video games the Journal of Religion and Popular Culture webbased online book reviews beliefs values cultural theology

Religion et culture populaire au Canada:
Présentation du thème

Chris Klassen
Wilfrid Laurier University, Waterloo, ON

[1] L’enseignement de cours sur la religion et la culture populaire dans un milieu universitaire canadien m’a confronté à d’importants défis. D’abord parce que, comme le souligne Raymond Williams (1983), le mot populaire peut avoir au moins quatre significations dans le langage habituel : (1) on l’emploie pour désigner ce qui plaît au plus grand nombre ou qui est connu de tous, comme par exemple, les dix meilleurs succès de librairie ; (2) ensuite il peut signifier ce qui est inférieur par rapport à la culture de l’élite, comme la musique pop à comparer à l’opéra; (3) il peut encore signifier ce qui s’adresse au peuple ou qui cherche à gagner la faveur du peuple comme par exemple, une campagne électorale; (4) il peut enfin signifier ce qui émane du peuple, comme par exemple youtube ou la république populaire de Chine. Certaines de ces définitions peuvent donner à entendre que la culture populaire n’est pas très «profonde» ou signifiante. Pour certaines personnes, donc, la question qui se pose, comme le fait David Chidester dans son livre intitulé Authentic Fakes, «Quel est le rapport entre le travail sérieux de la religion, qui porte sur le transcendant, le sacré et le sens ultime de la vie humaine en face de la mort, d’une part et d’autre part le jeu relativement frivole qu’est la culture populaire? » Pour sa part, la Journal of Religion and Popular Culture a toujours cherché à manifester les multiples façons dont le travail sérieux de la religion est relié à la culture populaire.

[2] Cependant, il ne suffit pas de poser une question générale sur le rapport entre la religion et la culture populaire sans d’abord replacer chacune dans des contextes quelconques connus de la population étudiante. Même si nous vivons dans une société mondialisée ayant accès à de nombreuses cultures populaires, surtout l’omniprésente culture américaine, nous avons aussi avantage à inclure les cultures très locales. C’est pourquoi je cherche constamment à intégrer la culture populaire du contexte local dans mes échanges avec les étudiantes et étudiants canadiens. Mais mes recherches de livres et d’articles sur la religion et la culture populaire dans les contextes canadiens ont peu porté fruit. Espérons que ce numéro de Journal of Religion and Popular Culture aidera à combler cette lacune.

[3] Pourquoi y a-t-il une telle pénurie de ressources en matière de religion et de culture populaire au Canada ? Serait-ce que les professeurs canadiens de sciences religieuses ne s’intéressent tout simplement pas à la culture populaire ? Certes, ce n’est pas le cas. Mais les particularités de la relation entre le Canada et son voisin dont la voix à résonnance mondiale viennent compliquer l’étude de la religion et de la culture populaire au Canada. De nombreux Canadiens consomment plus régulièrement la culture populaire américaine que celle de leur propre pays. Du moins c’est le cas lorsque la culture populaire se définit comme les médias de masse ou le spectacle. C’est peut-être là une définition trop étroite. La consommation de la culture américaine populaire n’empêche pas non plus qu’il y ait une manière canadienne de consommer la culture américaine qui puisse avoir des répercussions profondes pour la compréhension de l’identité religieuse, culturelle et politique des Canadiens. Dans son livre, The Beaver Bites Back?, l’éditeur Frank E Manning fait état d’une ambiguïté chez les consommateurs canadiens par rapport à la culture américaine et une résistance à son endroit. Cette résistance n’amène pas tant les Canadiens à rejeter ces produits culturels; elle les pousse plutôt à leur donner un autre sens (Manning 1993). Si les Canadiens se laissent divertir par les Américains, ils n’en demeurent pas moins canadiens sans que cela soit une simple distinction de nationalité.

[4] Dès que l’on élargit la définition de culture populaire pour englober plus que les médias de masse ou les spectacles, on commence à faire plus de place pour discuter de religion et culture populaire dans le contexte canadien. Ce numéro de JRPC apportera aux échanges divers aspects de la culture populaire au Canada. Michael J. Gilmour écrit sur l’ensemble musical Arcade Fire tandis que Tracy Trothen traite du hockey pour nous fournir des analyses d’une culture mieux connue, celle du spectacle. Il ne faut pas se méprendre : ces textes incitent les lecteurs à se servir du familier comme tremplin pour se poser de sérieuses questions théologiques au sujet de la violence, de la parodie et la manière dont le christianisme imprègne et influence la culture populaire. Laurence Nixon et Olivier Bauer s’éloignent du monde du spectacle pour retrouver le domaine du vécu quotidien au plan de la culture et de la religiosité. D’abord Nixon fait ressortir les différences entre les conceptions populaire et officielle des rites, de la piété et ce qu’on pourrait appeler la religion «kétaine» de l’Oratoire Saint-Joseph. Ensuite Bauer décrit l’utilisation à la fois contradictoire et valorisant de l’hostie catholique dans les cultures religieuses et populaires du Québec. Enfin, Rebecca Marfolis nous entraîne dans le monde de l’usage populaire du Yiddish qui part des communautés hassidiques pour aboutir dans la littérature en passant par le théâtre. Chez tous ces auteurs, nous pouvons constater l’importance des contextes canadiens pour mieux comprendre le populaire et aussi l’importance du populaire pour mieux comprendre la culture canadienne.

Bibliographie

Chidester, David. 2005. Authentic Fakes: Religion and American Popular Culture. Thomson Gale.

Flaherty, David H. and Frank E. Manning, eds. 1993. The Beaver Bites Back? American Popular Culture in Canada. McGill-Queen’s University Press

Williams, Raymond. 1983. Keywords: A Vocabulary of Culture and Society. Oxford University Press

 

ARTICLES . BOOK REVIEWS . REPORTS . EDITORIAL BOARD . SUBMISSIONS